Comme tout, la prestation d’un freelance n’est pas gratuite, elle a un prix. Mais celui-ci peut souvent sembler obscure. Voici une petite notice pour vous aider à comprendre le prix de votre prestataire, ou fixer le votre si vous êtes indépendant.

aetherconcept-prix-graphiste

Voilà désormais quatre ans que j’ai écrit cet article. À l’époque, j’avais depuis peu quitté mon job pour poursuivre mon activité en totale indépendance, sans autre emploi en parallèle. Depuis, j’ai  beaucoup appris et aussi parfois changé d’avis. Bref, tout un tas de bonnes raisons pour remettre non seulement cet article au goût du jour, mais y apporter aussi quelques compléments.

Ce sont des questions que je lis souvent sur les réseaux sociaux et à laquelle je suis également confronté de la part des clients : comment un indépendant fixe-t-il son prix ? Qu’est-ce qui se cache derrière ? Je parle ici uniquement de la prestation de service et exclu les coûts liés aux impressions des supports, à l’hébergement d’un site et au nom de domaine.

Un freelance, quel que soit son domaine (graphiste, illustrateur, développeur, etc.), calcule généralement son prix en se basant sur le modèle suivant : [(Tarif d’une durée “n”) X (nombre de “n”)] + suppléments. Le dit supplément correspond aux éventuelles fournitures liées à la prestation, tels que les prototypages, typographies, images, mais aussi aux droits d’auteur s’ils sont facturés. Pour ma part, je m’arrange pour que le client reçoive directement les factures des autres prestataires et je privilégie les Creative Commons pour la gestion de mes droits d’auteur. Ainsi, j’applique la formule suivante :

Tarif horaire X nombre d’heures travaillées

Mais le taux horaire, il correspond à quoi ?

Dans la vie il faut payer : à manger, ses charges (à prendre en compte même si on est en portage salarial), ses frais (matériel informatique, téléphone, internet, carburant, etc.), ses impôts, ses factures, quelques loisirs, et puis épargner, et penser aux études des mômes, et ne pas oublier sa retraite car notre génération peut courir pour toucher un radis quand notre âge sera venu, etc. Bref, à défaut d’un revenu de base pour tous, on a besoin d’un salaire. Il y a ce qu’on aimerait toucher, et ce dont on a impérativement besoin pour vivre correctement un minimum. Pour ma part, j’ai fixé mon salaire quelque part entre ces deux notions pour calculer la base de mon taux horaire.
Ensuite, posez-vous cette question : combien d’heures souhaitez-vous travailler par mois, dont combien pour vos clients ? Car attention, il faut prendre en compte les heures à démarcher, aller voir des partenaires et entretenir les réseaux. Appliquez alors cette formule pour définir votre taux horaire :

(Salaire brut souhaité + charges + frais) / nombre d’heures que vous envisagez de facturer par mois
Voila, vous avez votre taux horaire hors-taxes.

Et le prix à la journée dans tout ça ?

Certains ne sont pas à l’aise avec le taux horaire. C’est tout à fait entendable, on a pas tous le même mode de fonctionnement. Il est donc également possible de fonctionner à la journée. Le calcul est donc sensiblement similaire que pour définir le taux horaire. La différence réside dans la définition du nombre de jours que vous estimez pouvoir vendre à l’année. Et pour parvenir à faire ce calcul, on m’a récemment fait part d’un outil formidable : un tableur d’aide au calcul du prix journalier plancher qui m’a été proposé par Julie Joséphine Gweg.  Ce lien vous renvoie vers l’original, qui est certainement mis à jour au fil du temps.

Je laisse toutefois la possibilité de télécharger le tableau depuis mon site via le bouton ci-dessous, des fois que le lien précédent viendrait à ne plus fonctionner. Par ailleurs, je me suis permis quelques modifications pour que celui-ci ne soit pas limité aux professions créatives et soit utilisable quel que soit votre activité.

Télécharger au format XLSX

À partir de ce tableau, il vous sera également très facile de définir vous-même votre taux horaire (après tout, qui peut le plus, peut le moins). J’attire toutefois votre attention sur un point particulier : ce tableau inclut des éléments relevant de la comptabilité personnelle. Toutefois, je ne saurai que trop vous recommander d’avoir un tableau à part prévu spécifiquement à cet effet, intégrant un prévisionnel et une version du tableau que vous gérez au fil des mois, tout au long de l’année. Pour ceux que ça intéresse, voici la trame de celui que j’utilise depuis cinq ans.

Okay, mais comment se calcule un devis ?

Il faut savoir se quantifier. Le freelance doit être capable de savoir combien de temps environ il va prendre pour réaliser un projet. Certains préfèrent fonctionner au forfait. C’est un autre parti pris, mais avec lequel je ne suis personnellement pas à l’aise. Le risque est d’exploser le compteur-temps, pour se retrouver au final avec un taux horaire ridicule arrivé à la fin du projet. Attention à ne pas vous faire avoir par certains clients, car quelques filous profitent du forfait pour demander pléthore de modifications. Si vous êtes indépendant et que vous optez pour un fonctionnement au forfait, précisez un nombre d’aller-retours de corrections dans votre devis. Ca vous évitera quelques déconvenues.

Valeur réelle vs. Valeur perçue

Ce que j’aborde là est beaucoup plus subjectif et tout le monde n’est pas à l’aise avec : il s’agit de la valeur perçue par les prospects et les clients. Pour ça, il n’y a pas cinquante façons de s’y prendre : il s’agit d’augmenter son prix (horaire ou journalier). Car si la valeur réelle est une chose, augmenter la valeur perçue est ce qui vous permettra de toucher une autre gamme de clients, des projets plus intéressants et donc, les budgets qui vont avec. Bien entendu, ça part du principe qu’on a l’expérience et les compétences pour jouer dans cette cour. Au départ, je n’étais pas à l’aise avec cette idée, car quand on me l’a soumise j’avais l’impression de faire payer plus sans savoir quoi mettre derrière ce plus.

Bien au contraire, cela m’a permis de réaliser un bien meilleur travail : les clients sont reçus au bureau avec l’attention qui leur est due. Le temps nécessaire est pris pour les rendez-vous prospects, le conseil et l’accompagnement des clients tout au long du projet. Et surtout, ça m’a permis d’avoir de moins en moins de mauvais payeurs, des boulots de plus en plus intéressants, des clients me faisant davantage confiance. Donc : une sérénité de travail que je n’avais pas avant, un travail mieux fait et des clients davantage satisfaits. Le tout formant un cercle vertueux, on travaille donc mieux, on gagne en expérience, ce qui permet d’augmenter sa valeur réelle, et ainsi de suite.

Travailler sur la valeur perçue permet alors non pas de faire payer plus cher sans raison, mais au contraire de se donner les moyens d’apporter un service client haut de gamme (oui, j’ose ce terme). Et si j’ai appris une chose ces dernières années, c’est que face à un concurrent de qualité égale, mes clients ne viennent pas me voir pour du prix, mais pour du service. C’est ce qui me permet aujourd’hui de concurrencer directement des agences (et certaines me le rendent bien, c’est de bonne guerre).

Calcul des droits d’auteurs

J’ai déjà exprimé plus haut ma position à ce sujet. Toutefois, certains choisissent de calculer le montant de leurs droits en fonction de plusieurs critères comme la taille de l’entreprise, sa renommée, le mode de diffusion du support, etc. Pour calculer les droits d’auteurs, il existe un outil : CalKulator. L’inconvénient, c’est que les tarifs affichés sont parfois exorbitants… Comme l’explique l’AFD, on peut changer le montant de ce taux horaire dans CalKulator, mais pour ça il faut souscrire à la version payante de l’outil. Que vous soyez adepte de cette méthode ou des Creative Commons, précisez votre positionnement vis-à-vis du droit d’auteur dans vos conditions générales de vente pour être tranquille.

“Mais alors pourquoi c’est cher un freelance ?”

Je ne vais pas m’étaler à ce sujet, l’article de Christelle Mozzati l’expliquant bien. Pour faire simple, un freelance ce n’est pas “cher” : nous avons un métier qui prend du temps. Du temps pour le brief créatif, les réunions, les recherches, les essais, les corrections, les échanges, le suivi de fabrication, etc. Au final, le client en a pour son argent. Donc oui, un freelance peut coûter de l’argent selon ce que le commanditaire souhaite, mais ce n’est pas cher. C’est uniquement payé à juste titre pour le travail accompli et à prévoir dans son budget comme on le ferait avec n’importe quel autre fournisseur.

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Sébastien DROUIN
    

Sébastien DROUIN

Consultant en communication, designer graphique UI & print, blogueur, formateur, chroniqueur radio, catholic veggie, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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