Les clients ont souvent une idée précise de ce qu’ils veulent, sans pour autant avoir des notions suffisantes de design graphique. D’autres pensent que le designer graphique ne fait que se servir de logiciels qu’eux aussi maîtriseraient s’ils étaient formés. Mais c’est un peu plus compliqué que ça.

aetherconcept-chatons-infographistes

Vous ne comprenez pas l’emploi de cette image ? Ca va venir

Comme annoncé précédemment, je suis en plein dans l’écriture d’un livre professionnel sur la communication. Pour l’occasion, plusieurs de mes articles y sont intégrés après avoir été spécialement retravaillés pour cet ouvrage. J’en profite alors pour actualiser la version en ligne de quelques uns dont celui-ci.

“Vous n’avez qu’à faire ceci”. “On vous a amené ce qu’on souhaite que vous reproduisiez”. Ou encore, le fichier fait maison amené à l’imprimeur pour être tiré en l’état. Est-ce qu’on va voir le plombier avec les plans de la tuyauterie que l’on souhaite qu’il installe ? Non, car à chacun son job et son domaine d’expertise.

A défaut que vous fassiez appelaux services d’un professionnel, je vous propose une liste de 27 conseils à partager sans modération, qui vous aideront à avoir un rendu propre. Attention : cet article ne remplace pas l’intervention d’un pro et souvenez-vous que vous amenez votre voiture au garage quand il s’agit de la faire réparer.

Aspects visuels

  • Contrastez vos textes tout en gagnant en lisibilité : utilisez une même police d’écriture pour vos titres, et une autre pour le reste de votre contenu. Limitez-vous à deux polices différentes (trois au maximum) sur l’ensemble de votre document. Plus vous utilisez de typographies distinctes, plus la lecture du document est difficile et perd de son impact. Ne croyez donc pas qu’en utiliser plus rend votre visuel plus efficace : c’est l’inverse.
  • Évitez les typographies fantaisistes, sauf si c’est pour un gros titre en tête d’affiche. En effet, ces polices d’écritures manquent souvent de lisibilité. Ainsi, même pour un titre, tâchez de faire attention à sa lisibilité et qu’il soit identifiable en un coup d’œil.
  • Ne mettez pas les polices d’écriture manuscrites entièrement en capitales . Si vous voulez vous détruire la rétine, du jus de citron dans l’œil fera l’affaire, mais pensez aux yeux des autres. Car si elles sont mal utilisées, les typographies manuscrites sont tout bonnement illisibles.
  • Toujours pour cette même raison, évitez les couleurs vives sur fond gris ou retournez à l’étape du jus de citron.
  • Oubliez le Comic Sans MS : mettre du Comic Sans MS, c’est comme mettre de l’eau dans le réservoir de sa voiture : okay, vous aurez fait le plein. Mais aussi mis votre moteur hors-service. Plus sérieusement, cette typographie a une trop mauvaise réputation de part l’usage abusif que les gens en ont fait. Ainsi décrédibilise-t-elle le plus souvent le document sur lequel on l’utilise.
  • Pour de vous aider dans le choix de vos couleurs, afin de rester cohérent, servez vous de l’harmonie des couleurs ou des cercles chromatiques ci-dessous. Bien entendu, il s’agit d’un exemple et la palette de couleur n’est pas limitée à celles présentées sur ce schéma.
Cette image est un scann trouvé sur le web sans que je puisse obtenir sa source d'origine. Si quelqu'un la connaît, je l'ajouterai en légende.

Cette image est un scann de cours dont je n’ai plus la source d’origine. Si quelqu’un la connaît, je l’ajouterai en légende.

  • Gardez à l’esprit que flyers et affiches sont lus en diagonale, d’en haut à gauche vers en bas à droite et ce en l’espace de quelques secondes. Évitez le superflu, soyez le plus synthétique possible et n’écrivez que le nécessaire.

Aspects légaux

  • La mention « Ne pas jeter sur la voie publique » n’est pas obligatoire, contrairement à ce que l’on peut penser. En revanche, sa présence permet à ceux qui ont réalisé et produit le document concerné de prouver leur bonne foi en cas d’éventuelle poursuite pour non respect de la salubrité publique (article L. 541-10-1 du Code de l’environnement & articles R. 632-1 et R. 635-8 du Code pénal).
  • Si vous prenez la décision d’imprimer des flyers, tracts ou affiches vous-même, il est en revanche obligatoire d’écrire la mention « I.P.N.S. – Imprimé par nos soins » sur le côté ou en bas.
  • Il n’y a pas de corps minimum pour les mentions légales, mais celles-ci doivent être obligatoirement lisibles. Aussi, pour toutes vos mentions légales et notes de bas de page, je vous recommande d’utiliser un corps de texte allant de 6 pt à 8 pt.
  • Seules les administrations d’État ont le droit d’imprimer des affiches à destination du public en noir sur fond blanc. Si vous souhaitez imprimer en uniquement en noir, ça sera alors nécessairement sur papier de couleur. En revanche, cette mesure ne concerne pas les flyers (merci Céline pour la précision).

Aspects techniques

  • Évitez Power Point et Publisher pour réaliser vos flyers et affiches. Quand bien même vous fournissez le fichier en PDF à l’imprimeur, énormément d’éléments peuvent poser problèmes ou disparaître pour des raisons de compatibilité. Des documents réalisés sur ces logiciels sont difficilement traitable avant impression professionnelle et leur rendu est plus qu’incertain.
  • Proscrivez également Paint : il génère des fichiers pixelisés (si vous enregistrez en JPEG) avec des couleurs souvent impossibles à reproduire en impression. Malheureusement, utiliser Paint pour faire son flyer, c’est un peu comme utiliser un marteau pour changer un phare sur sa voiture.
  • Si vous n’avez pas accès à des logiciels professionnels ou ne disposez pas de la formation de base appropriée et que vous souhaitez réellement faire vous même le fichier à imprimer, utilisez simplement des outils gratuits et en ligne comme Canva ou Ludicpress. Inutile de jouer les cadors, personne ne vous en voudra. Et si vous êtes curieux et avez un peu de temps à y consacrer, vous pouvez vous orientez vers Gravit Designer ou encore Krita. Bien qu’ils puissent être peu évident à prendre en main au début, ces logiciels ont tous le mérite d’être gratuits.Dans le cas d’un document de plusieurs pages, je vous invite à privilégier Word ou WPS Office. Ils feront très bien l’affaire et généreront moins de bugs.
  • Prévoyez un document plus grand de 3 mm de chaque côté, soit 6 mm de hauteur et 6 mm de largeur en plus. Cette marge s’appelle les fonds perdus. Elle est indispensable afin que le document soit découpé correctement. Exemple : vous souhaitez un flyer au format 10 cm x 15 cm, vous réaliserez alors un fichier mesurant 10,6 cm x 15,6 cm. Les impressions étant coupées par lots, un peu de matière supplémentaire permet de ne pas avoir le léger liseret blanc que pourrait causer une coupe au ras de l’impression.
  • Votre texte doit être à minimum 5 mm du bord de coupe. Comptez 1 cm si c’est une affiche. Cette marge permet à l’imprimeur d’éviter de couper dans le texte et facilite la lecture. Pour faire référence au point précédent, votre texte se trouvera alors à 8 mm du bord du fichier, soit 5 mm du bord du format fini (10 cm x 15 cm) une fois votre flyer imprimé et coupé au format.
  • Si vous en avez la possibilité, convertissez vos images en CMJN (Cyan Magenta Jaune Noir). Il s’agit du mode de couleurs utilisé pour l’impression. Les écrans utilisent le mode de couleurs RVB (Rouge Vert Bleu) pour afficher l’image. Les mélangent de couleurs n’étant alors pas les mêmes, certaines couleurs RVB sont impossibles à obtenir à l’impression, à moins d’avoir recours à des procédés spécifiques plus couteux comme des couleurs dites “Pantone”. Faire cette conversion de couleurs RVB vers CMJN vous permettra d’avoir à l’écran des couleurs proches du rendu de l’impression.

RVB CMJN

  • Évitez les dominantes de noir si vous n’utilisez pas un logiciel professionnel. Les couleurs générées par les logiciels des suites bureautiques sont en RVB. Le « noir RVB » cause une surcharge d’encre, qui n’a pas un rendu propre en sortie d’imprimerie. Le risque est alors que l’encre noire bave à l’impression ou fragilise le papier.
  • Ne prenez pas vos photos sur les moteurs de recherches, car vous n’en n’avez pas le droit, il s’agit du travail d’un auteur. Les moteurs de recherches référencent de nombreuses images, ils n’en prennent pas possession pour vous les offrir gratuitement pour autant.
  • À la place, allez chercher vos images sur une banque d’images. Il y a des banques d’images payantes, mais il y en a aussi des libres de droits, comme Unsplash.com ou EveryStockPhoto.com. Rappelons toutefois qu’il est obligatoire de citer la source (j’admets moi-même l’oublier parfois…).
  • Et tant qu’à prendre des images, laissez de côté les images flous, de basse résolution, de petite taille et j’en passe. Ne vous servez que d’images en bonne définition, votre rendu n’en sera que plus professionnel.
  • Ne déformez pas les images : s’il vous faut les recadrer, faites le avant d’insérer l’image dans votre document. Une image n’est pas assez grande ? Ne l’agrandissez pas, car elle perdrait en qualité et votre document avec. Aussi, cherchez en une autre. Elle vous plaît pourtant davantage ? Cherchez-en une autre quand même.
  • N’amenez pas vos fichiers sources, quel que soit le logiciel employé, mais uniquement un fichier en PDF. Ainsi, vous serez certain que vos éléments ne bougeront pas (en dehors de certaines polices d’écriture si vous utilisez un logiciel de la suite Microsoft Office).
  • Enfin, demandez toujours un “Bon à tirer” à l’imprimeur afin d’être sûr du rendu de l’impression finale. Faute de bon à tirer, vous risquez de vous retrouver avec une sortie qui ne ressemble pas à ce que vous attendiez. Le BAT est une sécurité pour vous comme pour l’imprimeur. Il garantit aux deux parties que chacune est d’accord sur l’impression finale. Il permet également de faire d’éventuelles réclamations si le produit livré n’est pas conforme à ce que vous avez demandez au préalable.

Désormais, si vous désobéissez à l’une de ces règles, cela tuera un designer graphique et deux chatons. S’il vous plaît, pensez au moins aux chatons.

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

Sébastien DROUIN
    

Sébastien DROUIN

Consultant en communication, designer graphique UI & print, blogueur, formateur, chroniqueur radio, catholic veggie, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

Recevez ma newsletter

Assurez-vous de ne plus manquer un seul article en rejoignant les 10 000 visiteurs mensuels de l'Aetherium.
En m'inscrivant, j'accepte de recevoir par e-mail une newsletter contenant les derniers articles du blog et je prends connaissance de la politique de confidentialité du site.

Vous aimerez aussi

21 visuels plus que percutants sur l’avenir de la planète
PAR
LE
16 septembre 2018
11 raisons de bannir définitivement les outils en ligne pour créer votre site Internet
PAR
LE
1 septembre 2018