Test : Seuls 25 % d’entre vous peuvent voir l’ensemble des couleurs

Par , Le 2 mars 2015 (Temps de lecture estimé : 6 min)

L’histoire de la robe « bleuche » nous aura appris que nous ne percevons pas tous les couleurs de la même façon. Voici un test pour savoir si vous percevez toutes les couleurs, avec les explications qui vont bien.

L’histoire de la robe bleue et noire – ou blanche et or, selon ton point de vue – nous aura au moins appris une chose : nous ne percevons pas tous les couleurs de la même façon. C’est un sujet de débat avec ma moitié : nous ne sommes pas toujours d’accord sur la couleur des choses. Comme l’explique la chercheuse Diana Derval, les nuances de couleurs que nous sommes en mesure de voir dépendent de la distribution des cônes (récepteurs de couleurs) dans nos yeux.

Et non, ce n’est pas qu’une question d’écran, de luminosité ambiante ou de mauvaise foi conjugale (même si, chez moi aussi, le débat existe). Il y a derrière tout ça de la biologie, de la génétique… et pas mal de nuances. Voici donc un test simple, accessible, et les explications qui vont avec. Sans bullshit, mais sans jargon inutile non plus.

Avant toute chose : fais ce test

Regarde l’image ci-dessous et compte le nombre de bandes de couleurs distinctes que tu es capable de distinguer. Pas le nombre de couleurs théoriques, mais bien les ruptures perceptibles que ton cerveau identifie spontanément. Alors ? Combien en vois-tu ?

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Édit : Merci à Brunus d’avoir proposé et réalisé cette image, de meilleure qualité que celle d’origine.

Interprétation des résultats (version simple)

Tu vois moins de 20 nuances : Tu aurais une vision dichromate. Concrètement, tu disposes de deux types de cônes seulement. Comme les chiens, oui. Désolé. Ce profil concerne environ 25 % de la population. Tu es statistiquement plus attiré par des palettes sobres : noir, beige, bleu… et tu peux avoir du mal à distinguer certaines variations pourtant évidentes pour d’autres.

Tu vois entre 20 et 32 nuances : Bienvenue dans la norme, la vision trichromatique. Tu disposes de trois types de cônes (sensibles aux zones bleu/violet, vert et rouge). C’est le cas de la majorité de la population, environ 50 %. Tu vois bien les couleurs. Tu peux travailler avec. Mais tu n’exploites pas toute la finesse possible du spectre.

Tu vois entre 33 et 39 nuances : Là, ça devient intéressant. Tu fais potentiellement partie des 25 % profils à discrimination chromatique très fine. On parle alors de tétrachromatie, mais gardons les pieds sur terre : tu ne vois pas de nouvelles couleurs, mais plus de transitions, plus de nuances distinctes, notamment dans certaines zones du spectre (jaunes, orangés, rouges). Ce profil est nettement plus fréquent chez les femmes, pour des raisons génétiques liées aux chromosomes X.

Tu vois plus de 39 nuances : Alors non. Là, soit ton écran te joue un tour, soit tu comptes les contrastes plus que les couleurs. Le test comporte un nombre limité de bandes, et au-delà d’un certain seuil, on sort de la perception réelle.

Maintenant, clarifions un point essentiel : ce test ne remplace pas un diagnostic médical et ne permet pas de déterminer biologiquement combien de cônes tu possèdes. Le nombre et la distribution des photopigments dans la rétine ne peuvent être mesurés qu’avec des dispositifs médicaux spécifiques, voire des analyses génétiques. Alors à quoi sert ce test ? À mesurer ta capacité de discrimination perceptive. C’est-à-dire comment ton cerveau segmente un continuum de couleurs en nuances distinctes. Et ça, c’est déjà très révélateur.

Ce que dit réellement la science

La théorie classique de la vision repose sur la trichromie : trois types de photopigments, trois canaux neuronaux, et une perception des couleurs construite à partir de là. Mais les recherches récentes en génétique et en psychologie de la perception ont montré quelque chose de fondamental : une proportion non négligeable de personnes – majoritairement des femmes – possède génétiquement plus de trois photopigments. Cela ne signifie pas automatiquement que leur cerveau traite l’information sur quatre canaux indépendants. Mais cela se traduit, dans certaines conditions, par une perception plus riche, plus fine, plus nuancée du spectre chromatique. Pas plus de couleurs, mais plus de découpes dans la continuité.

Pourquoi le test fonctionne

Le test repose sur une observation simple : combien de transitions chromatiques distinctes ton cerveau est capable d’isoler dans un dégradé continu. Ce type d’exercice ne mesure pas les cônes. Il mesure la discrimination perceptive, qui dépend de la génétique, de l’entraînement visuel, du contexte et même de l’affichage de ton écran. Cela étant, une étude de référence publiée dans Psychonomic Bulletin & Review montre que certaines personnes possèdent bien quatre photopigments et perçoivent significativement plus de bandes chromatiques lorsqu’on leur présente un spectre lumineux continu, comparées aux trichromates classiques.

Pas de nouvelles couleurs, donc, mais plus de nuances, plus de transitions, vécues comme des couleurs distinctes. Dit autrement, là où deux personnes disent jaune, l’une dira intérieurement effectivement jaune, mais l’autre verra plutôt jaune-vert, jaune-or, jaune-chaud, etc.

Et cette histoire de robe, dans tout ça ?

Les études suggèrent que les personnes à discrimination chromatique plus fine sont moins sensibles aux ambiguïtés d’éclairage. Là où beaucoup de cerveaux corrigent mal la lumière ambiante, d’autres au contraire retrouvent plus facilement une couleur perçue comme stable. Ce qui expliquerait pourquoi certaines personnes ont vu du bleu et du noir immédiatement… et n’en ont jamais démordu, quelles que soient les conditions.

En conclusion

Seul un diagnostic médical permettrait de savoir réellement si tu es trichromate ou tétrachromate. Mais oui, ce test met en évidence une réalité souvent ignorée : nous ne percevons pas tous le monde de la même façon. Et dans des métiers comme le design, la photographie, l’illustration ou la direction artistique, cette différence a des conséquences directes. Pour ma part j’ai obtenu 39 à ce test, ce qui est plutôt rassurant pour mes clients quand on travaille dans un domaine comme le mien.

Si tu veux aller plus loin, je te propose aussi un second test, plus exigeant, basé sur le réagencement de dégradés colorimétriques.

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Pour ce test, vous devez replacer les couleurs dans l’ordre afin de remettre en place les dégradés correctement. Le résultat vous donne votre nombre d’erreurs ainsi que les faiblesses de votre vue dans le spectre colorimétrique.

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Sébastien DROUIN

20 ans d’expérience / Consultant en communication et designer graphique senior / Formateur et ingénieur de formation / Design UI & Création de sites WordPress / Identité & Image de marque / No bullshit.

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